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Quand Mon Mexique s’écroule

mardi, octobre 10th, 2017

Tiens, vous êtes encore là vous ?

Je me suis absentée quelques instants… quelques 18 mois/2 ans où j’étais vraiment trop occupée à vivre un rêve éveillé.

Un rêve dans lequel j’embrasse mon Mexique, je le découvre et le serre contre mon cœur, en me demandant chaque jour comment je ferais pour le quitter un jour. Le Mexique que je connais est un Mexique qui se nourrit de couleurs et de rires. C’est un Mexique chantant, un Mexique lindo y querido.

Mon Mexique n’est que lumière et joie.

N’était.

Je comprends à présent le poids des temps verbaux. Un poids qui vous écrase, qui fait de vous une poussière sous une dalle de béton.

Mon Mexique n’était que lumière et joie. J’aurais aimé ne pas savoir utiliser les temps du passé. Et pourtant. Je ne parlerai plus jamais de lui comme j’ai pu en parler avant. Mon Mexique aura vécu un avant et un après.

La frontière aura été le mois de septembre.

Putain.

Un mois de septembre marqué par l’ombre, celle que je ne connaissais pas. Celle que je n’attendais même pas. Ils ont osé toucher à Mon Mexique.

Le 19 septembre. Un tremblement sans précédent, laissant sans parents plus de 30 enfants, et sans enfants plus de 20 parents. quelle injustice! quelle impuissance! Le monde nous observe. plus de 300 morts. Au quotidien des zones de guerre et des gens malheureux. Le monde nous guette de son regard embué. Nous vivons la tristesse des gens qui nous entourent, sans trop pouvoir nous rendre compte de la grande chance que nous avons, car c’est engloutie dans le désespoir et le malheur des gens que je me trouve. Le monde nous oublie peu à peu. D’autres feront l’actualité, laissant le Mexique tel qu’il est: boiteux.

Et pourtant, je ne me suis jamais autant sentie mexicaine. Je parle encore de lui au présent.

Puis arrive la fin du mois, le début d’un autre, et avec celui-ci un meurtre.

On se croirait dans un sale roman policier, ou encore un Christie bien écrit. Mais non, c’est la réalité qui vous saute à la face. Connasse. Elle vous rappelle, ou vous enseigne simplement, où vous êtes. Pute.

Il s’est fait tuer.

Comme ça. bam. Et mon Mexique s’écroule, comme un château de cartes. Et mes souvenirs se retrouvent dans mes larmes, et s’y perdent.

Alors j’ai pris ma plume, elle que je ne nécessitais plus. J’ai pris ma plume et je vous ai raconté. Et je m’accroche à elle. J’essaie de ravaler ma colère. Mais elle est forte. Dense.

Mon Mexique reviendra. Mais ce ne sera plus le même.

En attendant je vais essayer de chanter. Car il m’a dit un jour ensoleillé: canta, canta y no llores.
ay-ay-ay-canta-y-no-llores