Le cirque m’a TUER

Laisse moi deux secondes (tu vas voir que le temps est vraiment quelques chose de très relatif) pour te conter ma journée de lundi.

Je te l’ai pas racontée hier mardi, puisqu’il m’a bien fallu une journée pour m’en remettre!

En ce lundi pluvieux donc, nous avions décidé, à l’école, d’amener nos petits zépiens au cirque. une soixantaine de fauves (pas en cage donc) étaient surexcités à cette idée, et nous, maîtresses aimantes, nous les regardions avec un petit sourire (peut être un peu salop le sourire) en pensant: profitez-en bien les enfants, va falloir rattraper cette demi-journée dès demain, on a du boulot!)(oui, on lâche jamais l’affaire, on est insupportables)(bref)

Donc, journée excellente (attends la suite) pour les enfants, et un peu merdique pour les enseignants, car c’est le bordel des bus à prendre, le départ très tôt de l’école, la gestion en extérieur, souvent de gamins, qui n’ont jamais vu plus loin que le bout de leur quartier…

Voilà la journée idéale prévue:

13h20: RDV à l’école.

13h25: départ de l’école.

13h30: montage dans le bus.

14h: arrivée devant de chapiteau.

14h30 début du spectacle.

16h: fin du spectacle.

16h15: montage dans le bus.

16h45: arrivée à l’école.

17h: rendage aux parents.

voilà la VRAIE journée:

13h20: RDV à l’école. manquent deux élèves à l’appel.

13h25: départ de l’école: manquent toujours deux élèves à l’appel.

13h30: montage dans le bus, je te le donne en mille, manquent toujours deux élèves à l’appel.

Le bus démarre, on arrive à environ 200 mètres de là, et que vois-je? les fameux deux élèves. En plein milieu de la route, je demande au chauffeur de s’arrêter, il met les warning, ça commence à klaxonner de partout, je cours tel superwoman, j’attrape par le bras les deux monstres, je vole jusqu’au bus en les traînant (je crois que leurs pieds ne touchaient même plus le sol) et je les installe. pfiou. ça commence bien. Je m’étais promis de ne pas attendre les « retardataires », mais là, vraiment, j’ai eu trop de peine de voir leurs yeux déjà emplis de larmes, voir le bus passer.

14h05: arrivée au cirque. Là je vous laisse imaginer combien c’est difficile de tenir ses élèves en rang, parmi les 256 autres rangs

14h20: on a pas bougé.

14h45: on est toujours là.

15h: rien a signaler. Enfin, à part une horde d’enfants qu’on a dû amener faire pipi derrière des voitures.

15h15… bah, on est toujours au même endroit. On nous dit enfin d’avancer, nous avons déjà réglé les 5,50 par tête depuis une bonne heure, le spectacle n’a « que » 45 minutes de retard…

15h35: nous sommes installés sur les gradins, nous râlons nous râlons… jusqu’à ce que nous nous rendons compte de la chance que nous avons… ahem…. en effet, 3 classes n’ont pas de place. Nous installons nos propres gamins, à deux par chaise pour libérer quelques places… nous arrivons tant bien que mal à faire rentrer tout le monde…. Mais, 3 autres classes ont dû faire demi-tour… plus du tout moyen de les faire rentrer… je vous laisse juste imaginer les boules d’un enfant, à qui t’a mis une sucette touchant ses lèvres, que tu retires d’un coup sec et définitif… bref.

15h40: le spectacle commence, avec 1h10 de retard.

nous avons tout juste le temps de voir le cul des tigres,

le cul des éléphants,

le cul des chameaux,

et le cul des trapézistes,

que nous devions déjà faire demi-tour. On avait téléphoné à la centrale des bus, et on nous avait dit que si à 16h30 pétantes nous n’étions pas dans le bus, celui ci devrait partir sans tarder.

Ok. Récupère tous les gosses dans le noir, tire-les, et tire-les fort, parce que bon, tu comprendrais aisément qu’ils ont les yeux sur la piste encore… arrive dehors, il pleut des cordes, et personne n’a de parapluie bien sûr. Là, je vois notre chauffeur, il a déjà chargé d’autres classes dans son bus. Il nous explique qu’il a reçu des ordres. Il rappelle son chef, me passe son chef, nous avons une petite discussion… euh… petite. C’est la faute d’aucun d’entre nous, en attendant, nous avons 60 élèves sous la pluie, hors du chapiteau, sans bus. Il me dit de prendre tel bus (celui d’une autre école)(j’ose même pas imaginer la tête qu’ils ont fait quand ils sont sortis eux)(enfin, à la guerre comme à la guerre)

Il nous a ramené à l’école, où nous sommes rentrés pile à l’heure.

Spectacle de merde, journée de merde, organisation de merde: merci Merdano… euh… Medrano. (pour ne pas les citer).

Aucune explication, aucune excuse, c’était très agréable. Hier, ils nous ont envoyé une invitation au cirque par élèves. OH! Trop aimable les gars, en même temps, les parents devront tout de même se cogner des places allant de 22 à 46 euros… bien vu Lustucru…. Des centaines et des centaines et des centaines de places encaissées à 5,50 la veille, pour RIEN, ça remplit bien les caisses aussi.

Ouuuuuuuuuuuuuuuh ça m’énerve.

Parce que le résultat c’est quoi? c’est que nos petits zépiens, sont ressortis drôlement frustrés, et sans avoir vu un vrai spectacle, comme il faut, de cirque… voilà. Et s’il faut, ils n’iront jamais plus.

  • Quel cauchemar, on devrait te béatifier immédiatement.

  • emanu: tu as tout à fait raison je crois. Merci pour ta compréhension…

  • Delphine

    à peu près pareil le lendemain, mais nous devions être ceux qui s’étaient fait piquer le bus…
    On gagne le ciel Noisette… On ne nous oubliera pas là-haut…

  • chabada

    Quel cirque !!!
    Je comprends ta colère. J’ai entendu parlé de ce cirque aussi, pour des projets avec des classes et c’est pas terrible… c’est juste cher !
    Vous aviez réservé pour la séance ? Comment peut-il manquer de place ? On se croirait dans un mauvais film.
    Pfffffffffffffffffffffff !
    Et les invitations c’est juste promotionnel, rien de plus !

  • Delphine: dis donc, t’es encore là toi??? t’as pas des gosses des fois, à aller chercher?

    Chabada: oui ben en tout cas, c’est la dernière fois. Et bien sûr qu’on avait réservé! :p Mais bon, ils veulent remplir remplir remplir, pour gagner du fric, sauf qu’à un moment donné, ça rentre plus quoi! Niveau sécurité… moyen quoi.

  • Ça doit être amusant pour eux de pas se fouler, et d’encaisser quand même plein de fric, tiens. C’est bien nul, en effet…
    T’as été quasi-héroïque en choppant les deux microbes dans la rue, toi ! 😀

  • Et encore heureux que tes zépiens ont pas eu peur.
    Je dis ça parce que le cirque, ça me pétrifie sur place.
    (moque-toi, t’es loin.)

  • Kahlan: quasi héroïque… ouais… quasi écrasée surtout!!! Non mais j’te jure, nous les instits, on devrait avoir une prime de risque, j’te l’dis moi!

    Zette: MAIS POURQUOI???? T’es bizarre quand même… Et de l’huile éparpillé sur un chapiteau c’est donc invivable pour toi?