je l’ai pondue. enfin… pas vraiment.

c’est à cette première ligne que va s’arrêter Camille, sensible du sujet. (tu sais, le truc là, où y a une machin qui passe par le bidule, en faisant du sang, des cris, des larmes et toussa…)(wala.)(merci d’être passée.)(à bientôt)

pour les autres, voici la suite de l’accouchement de ma chouchoutte. le début est , au cas ou décidément tu ne me suis pas du tout assidûment.

donc, le docteur cocoboy étant passé par là…

tout se chamboule dans ma tête. Césarienne/danger/chouchoutte/ ok, il faut y aller on y va tout de suite. Il faut la sortir de là…
Je n’ai pas peur, il faut y aller.

on m’emmène en salle d’op. je me rappelle encore le brancardier, qui voulant bien faire me dit: « bonjour madame, je suis le brancardier!! vous êtes là pour quoi? » (tout en poussant très vite le « chariot » sur lequel je me trouve). « oh ben, pour rien, je suis un peu ballonnée… » et on a même rigoulé.

mais on a passé la porte de la salle. et là, malgré moi, je me mets à trembler de tout mon corps, ma nuque est raide, elle me fait mal, et mes bras attachés ne cessent de trembler à une vitesse folle. un anesthésiste très gentil (oui oui ça existe) arrive, me caresse la joue, me demande si je tremble de froid ou de peur, je balbutie un léger « un peu des deux » que je crois être la seule à avoir entendu résonner dans ma tête. j’ai laissé mon mari derrière moi, me regardant partir les yeux pleins d’eau.

Je suis VRAIMENT seule. le gynéco, le chirurgien qui l’accompagne (apparemment ils doivent être deux), l’anésthésiste, la sage femme… c’est comme s’ils n’étaient pas là… et pourtant… je le sens ce scalpel m’ouvrir le ventre… (ah ouais putain, ça devient un peu gore là… je vais faire bref les gros) oh mais je n’ai pas mal, mais je le sens. Je sais tout ce qui se passe, cet inconnu qui met les mains dans mon ventre pour y extraire mon enfant.

Je l’entends elle est là. elle pleure. j’en ai encore la chair de poule aujourd’hui en racontant. l’espace de quelques secondes mon corps s’est arrêté de trembler, juste le temps de la regarder, de l’embrasser, de m’rendre compte que je ne peux pas la prendre, car je suis attachée. l’embrasser encore, dire à la sage femme « amenez la à mon mari, dites lui que tout va bien ». Ce qu’elle à fait.

Et moi je reste là, encore, faut m’refermer… et je me remets à trembler. 1h après c’est fini, on me ramène dans la chambre. mes jambes ne bougent toujours pas, par contre mes bras ne veulent toujours pas s’arrêter et à force, ma nuque me fait un mal de chien.

ma fille est là et elle m’attends pour la première tétée. Mais comment je vais faire, je ne peux même pas bouger! je dois rester allongée… hé bien c’est pas grave, la première tétée aura été la première d’une longue série. Allaitement difficile pendant une dizaine de jours, mais je crois que cela venait de moi, je « n’avalais » pas mon accouchement, ce cow boy me l’avait volé… et je ne pouvais pas revenir en arrière…

Aujourd’hui tout n’est que souvenirs, et pas forcément « mauvais souvenir » comme il l’a été pendant deux ans. Grâce à mon deuxième accouchement, que je vous raconterai un autre jour, et avec lequel on rigoulera à coup sûr. ouais.

En tout cas, ce jour qui était sencé être le plus beau de ma vie s’est transformé en cauchemar. Je ne savais pas que c’était possible, aujourd’hui je sais. Je n’étais pas prête. Je ne savais pas.

promis, demain, du billet rigolo, du billet pipi culotte ok? 😉

pis j’ai aussi un tag sur le feu.

et je dois vous parler sushis.

ouais.

alors on attendra un peu avant de nous relancer dans la folle aventure des pondages. (je vous rassure, je n’ai eu que deux gamins)