mes tresses. (pas toucher!)

le précédent article, je l’ai écrit samedi dernier.

et depuis, j’ai tout plein de souvenirs qui m’envahissent.  par rapport à l’ancienne école, où j’étais il y a 3 ans déjà. je vais partager avec vous un petit texte, que j’avais écrit il y a, pfiou, 4-5 ans. cette école de « gitans ». et le hasard il est quand même fou ce con, il a fait qu’aujourd’hui dans une autre école, je croise une personne avec qui j’avais travaillé là bas. (enfin, moi je travaillais… lui… euh…)(si tu lis ce billet, oublie les parenthèses).

cette école, quelque part au milieu d’un quartier laissé à l’abandon. quelque part là où les « gens » ont peur d’aller. je suis partie par choix comme j’y étais allée par choix. et ce ne sont pas les enfants que j’ai voulu laisser derrière moi…

voici le texte:

Chez les « gens du voyage » sédentaires…Ce matin là, je m’engouffre dans une petite ruelle sombre… Il est 8h et c’est le 18 janvier, le silencieux réveil du soleil n’a pas encore sonné. Des murs en briques. Du linge étendu à toutes les fenêtres, permettant aux maisons de prendre un air de Burano. Mais seulement un air… Une rue magnifique et enchanteresse dans laquelle les coqs s’égosillent pour réveiller tout le quartier. Quelques enfants jouent à se tuer avec des pistolets qui n’existent que dans leurs têtes, pourtant tellement réels qu’ils passent dans la nôtre sans transition. Des cris d’enfants qui jouent. Des cris d’enfants qui pleurent. Un chien. Un chat. Un rat. Un sourire. Des paroles qu’on ne comprend pas. Une langue qu’ils ont créée pour qu’elle leur appartienne. Au moins ça. Des bouteilles par terre. De la terre dans les bouteilles. Voilà des escaliers. Voilà une porte. Une clef de château. J’ouvre la porte, la referme sur toute cette magie. Magie ? J’imagine oui… et la cloche sonne, mon travail commence. J’ai la chance de faire ce voyage tous les jours, si près et en même temps si loin de chez moi.

et voici celui que j’ai fait quand j’en suis partie…

… sans retour…
voilà c’est les vacances.
je me souviens de toutes ces années où à l’heure de la sonnerie du dernier jour des classes tout le monde hurlait, et moi la première. je me souviens de toutes ces années, où à l’heure de la sonnerie du dernier jour des classes, tout le monde est tout sourire, tout le monde se dit “allez, à l’année prochaine!!” et moi la première.
Cette année ne sera pas comme les autres.
le dernier jour des classes a été bien blafard. et à l’heure de la sonnerie du dernier jour des classes, j’ai versé une larme, puis deux, et je me suis arrêtée, pour me retourner une dernière fois et voir cette école sans vagues dans les yeux. Je me suis retournée et j’ai murmuré… au revoir… je me suis retournée une dernière fois, juste le temps de me dire: « ne te retourne plus. »

Et puis je suis partie.

si je mets ces textes plutôt que d’en écrire d’autres, c’est parce que eux, ils étaient écrits à chaud. comme j’aime le faire. et ils n’étaient pas « un souvenir », ils étaient « ma réalité » du moment. voilà.

c’était le moment nostalgie sur noisette F.M.!!!

  • Pfiou.
    C’est marrant que tu parles d’enfants.
    On a tendance à oublier qu’il s’agit bien d’enfants, auxquels on tente de transmettre le petit peu de soi qui a fait que nous avons eu envie un jour de le partager.

  • Mélina: enfants, transmettre, partager, un petit peu de soi, oublier. c’est exactement ça.

  • trés beaux textes tu as bien fait de les republier

  • ah… à l’époque noisette écrivait sans mettre des « pitain » à chaque post !

  • (je sais pas quoi dire, mais je veux dire quand même, parce que je trouve ça beau, ce que tu as écrit)

  • mamie

    nostalgie nostalgie quand tu nous tiens

  • Moi plus je te lis plus j’ai envie d’aller à Perpignan (enfin dans la région) (mais je sais pas pourquoi encore plus sur ce texte)

  • Gaël: merci m’sieur!!

    raquel: ouais ben euh, pas toujours mais bon. un jour je publierai mon ode aux putains.

    camille: (c’est cool, merci)

    mamie: hein que oui? (lâche ma belle ère salope!)

    oopsy: ben c’est quand tu veux que tu déboules hein. (enfin, vous)

  • L’OURS

    C’est bien écrit et on imagine très bien la larme de fin !!! Tu as fait du bon boulot maintenant il y en a d’autres qui ont besoin de toi « maitresse ». Je connais très peu cette profession mais je pense que le changement d’établissement par rotation devrait être une obligation pour conserver cette engouement que j’admire chez toi !!! Félicitations !!! Pour maintenir ce « peps »;comme dirait qqu’un que je connais : « Il faut pas trop tirer sur la queue du Mickey ». ;

  • l’ours: merci merci merci. Ben y a une chose que j’ai appris quand même c’est que je ne peux pas sauver le monde. c’est con ça. la vie t’apprend à devenir plus modeste… 😉