Tu vois, j’attendais un peu d’avoir une histoire, une broutille à raconter, dans ma vie monotone.
Hé bien c’est chose faite.
Hier soir, en rentrant de l’école, direction celle de mes enfants, je vois sur le bord de la route à peu près… ça:

Boom.
Tu comprendras aisément que je n’ai pas pensé à prendre de photo, alors on se contentera de celle ci, dont la voiture a exactement la même position…
Je freine… je regarde, une voiture était arrêtée a côté un mec en descend et va vers le ravin… j’ouvre ma fenêtre, demande si il y a besoin d’aide, et là… j’entend des gosses hurler. OH PUTAIN. Y a du monde dans la bagnole.
Boom. boom.
Ni une ni deux, j’arrête la mienne sur le bord, cours à la voiture, et je vois qu’il y a 3 gosses dedans, et la mère.
Frissons.
Le gars qui s’était arrêté, commence à ouvrir la malle, il y arrive, et on peut parler à la mère. Pendant qu’il pose quelques questions, je cours à la mienne de voiture, je sors un triangle de signalisation, et je vais le foutre un peu plus loin… il n’y a pas vraiment de place pour les voitures qu’on a arrêté, ça serait bien de pas causer un autre accident…
Boom.
Je reviens, et on sort les deux gamins qui étaient dans des sièges à l’arrière par la malle. 3 ans et 2 ans. un peu en panique. Je leur met une couverture à chacun, les assoie dans le ravin, à une dizaine de mètres de la voiture (au cas où celle ci décidait de bouger) et m’en retourne là bas pour sortir le bébé. Le gars qui était avec moi parle à la mère, qui dit ne pas sentir de pression aux jambes. PUTAIN!
Bon, faut sortir de bébé qui est devant. siège passager.
Boom. boom. boom.
Je grimpe sur la voiture, essaie de tirer la poignée… pas moyen. la portière est trop lourde, la poignée en plastique… impossible d’ouvrir.
Et ce gamin qui hurle, qui hurle…
Une infirmière s’arrête. ENFIN! c’est qu’on ne nous voie pas dans ce putain de ravin!!!
Elle court, vient aussi au dessus de la voiture, essaie la portière, pas moyen.
Un pompier qui passait par là s’arrête. Il sort un pied de biche…
Ouverture de portière!!! enfin!!!
Boom.
On sort le bébé… qui s’arrête instantanément de pleurer quand il se retrouve dans mes bras. j’en ai encore la chair de poule. je vérifie rapidement qu’il n’a rien. Cours aux autres gamins qui n’ont pas bougé d’un millimètre…
je prends les 3, on m’aide à les sortir du ravin, je les mets dans ma voiture, chauffage à fond, et je me mets à chanter. (chair de poule encore).
boom. boom. boom.
Plus je chantais, plus il souriaient.
Pendant ce temps, nous n’avions pas touché à la mère. Et 15 longuissimes minutes après, les pompiers sont arrivés.
Et moi je chantais encore, la boule au ventre.
Le petit blond me dit les larmes aux yeux: « a watoure a fait boom. boom. et maman? a watoure. boom »
Boom. boom.
Et je chante et il sourit…
Moi, je ne sourirai VRAIMENT que quand je verrai sortir la mère en bonne santé. Ce qui a été le cas.
Et ce bébé dans les bras.
Et ces enfants sous leurs énormes couvertures.
Et les chansons.
boom. boom.
Les pompiers arrivent dans ma voiture. Je m’arrête de chanter. Ils pleurent.
boom. boom. boom.
Et bien je chante encore… et je leur sourie… « vas y, serre le doigt ganté de bleu du monsieur, vas y t’es trop fort mon loulou! » et on rigole… boom boom.
Les enfants vont bien.
On va les amener à la mère, qui est déjà dans le camion.
Un qui part, le deuxième… Et le pompier qui veut prendre ce bébé dans mes bras, qui se remet à pleurer.
Boom.
Non, je ne te lâcherai pas, c’est moi qui t’amènerai à ta maman. Le pompier est d’accord. Il ne pleure plus.
Je chante.
Il sourit.
Je monte dans le camion… Je le tend à la mère en pleurs, et je m’éclipse…
Boom boom.
Je m’en vais sans regarder derrière, je m’en vais laissant cette scène d’apocalypse, mais pas grave finalement.
Et je m’en vais, les jambes maintenant tremblantes et les larmes aux yeux.
Je démarre et je vais chercher mes enfants, avec une descente d’adrénaline affolante. je suis obligée de m’arrêter quelques secondes pour reprendre mes esprits maintenant.
Tout va bien maintenant, personne n’est blessé, plus de peur que de mal tout ça…
Et je m’en vais.
Boom.